L’élevage en France

Le vison d’Amérique est le seul animal élevé uniquement pour sa fourrure en France (le lapin Orylag est également élevé pour sa viande). Les débuts de l’élevage de visons d’Amérique pour leur fourrure en France remontent à 1926. Dans les années 1960, le territoire national comptait près de 300 fermes d’élevage de visons – ou visonnières.

La France compte aujourd’hui cinq fermes d’élevage en activité, toutes sont membres de l’Association française des éleveurs de visons (AFEV), elle-même membre de la Fourrure française. Les élevages membres de l’association sont situés dans cinq départements différents : Pyrénées-Atlantiques, Eure-et-Loir, Orne, Haute-Saône, Meurthe-et-Moselle.

Les cinq élevages membres de l’AFEV élèvent en moyenne près de 2 100 visons femelles reproductrices par an (soit 10 000 visons en moyenne par élevage). L’essentiel des peaux (plus de 80%) est vendu à la société Kopenhagen Fur, la plus grande maison de vente aux enchères de fourrure brute au monde. Le reste de la production est vendue directement à des clients indépendants situés en France.

 

En France, le vison d’élevage est le vison d’Amérique

Le vison d’Amérique (Neovison vison) est un mammifère carnivore originaire d’Amérique du Nord. Il est l’unique représentant du genre Neovison et membre de la famille des Mustélidés (ou Mustelidae) qui comprend entre autres les belettes, les furets, les fouines, les blaireaux et les loutres.

A l’état sauvage, le vison d’Amérique est un animal territorial et sédentaire, solitaire pendant une grande partie de sa vie adulte. Le vison se nourrit exclusivement de petits mammifères (rats musqués et campagnols), d’oiseaux (passériformes), d’insectes, de poissons (anguilles, cyprinidés), de mollusques et d’amphibiens. Prédateur opportuniste, le vison est particulièrement actif la nuit. Ses besoins métaboliques importants le conduisent à ingérer une quantité de proies équivalente à 10% de son poids chaque jour. Son espérance de vie dans la nature est de 3 à 6 ans.

Dans la nature, les mâles peuvent atteindre 900 g à 2 kg, et une longueur allant de 58 à 70 cm. Les femelles pèsent de 600 g à 1,2 kg et mesurent entre 40 et 65 cm de long. En élevage, les mâles peuvent atteindre 4 kg et 90 cm de long et les femelles peuvent peser jusqu’à 2 kg.

 

Les éleveurs de visons ont domestiqué le vison d’Amérique avec succès depuis plus de cent cinquante générations. Les espèces actuelles sont issues de souches d’élevages, sélectionnées selon la couleur de leur pelage : blanc, noir, marron, gris, bleu… bien plus variées que le pelage marron et blanc des visons sauvages.

Les visons d’Amérique échappés de fermes ou relâchés en pleine nature par des militants animalistes, ne sont pas conditionnés pour vivre dans le milieu naturel. Beaucoup meurent de stress et de leur inadaptation à la vie sauvage. Les plus résistants d’entre eux peuvent survivre et provoquer des dégâts considérables sur les élevages aux alentours et en particulier de volailles.

C’est pourquoi les élevages aujourd’hui sont entourés d’une clôture adaptée pour empêcher les éventuelles fuites de visons qui pourraient survenir. L’arrêté du 15 septembre 1986 (consolidé le 27 décembre 2009) impose très clairement à l’éleveur la manière dont il doit sécuriser son élevage pour préserver l’équilibre des écosystèmes locaux : la clôture doit être d’une hauteur minimale de 1,50 mètre, enfoncée dans le sol d’au moins 30 centimètres et surmontée, lorsqu’il s’agit d’un grillage, d’une plaque pleine et lisse d’au moins 25 centimètres (tôle ou matériaux synthétiques) pour éviter la fuite des animaux et les protéger des prédateurs tels que les renards.

Il importe de prendre toutes les précautions pour éviter que les visons d’Amérique ne se retrouvent pas dans le milieu naturel où ils seraient en compétition avec d’autres espèces de mustélidés endémiques comme le putois, le furet ou encore le vison d’Europe. Vison d’Europe et vison d’Amérique partagent aussi la même niche écologique et se rencontrent dans le centre-ouest et le sud-ouest de la France. Leur cohabitation se fait au détriment du vison d’Europe – moins résistant – qui s’en trouve souvent menacé.

Le vison d’Amérique se distingue du vison d’Europe (Mustela lutreola) qui est un mammifère carnivore protégé d’origine européenne. Celui-ci n’est pas élevé pour sa fourrure. Les deux espèces de vison ont en commun de nombreuses caractéristiques biologiques. Forte de son savoir, l’Association française des éleveurs de vison (AFEV) avait ainsi participé aux groupes de travail du deuxième plan national de restauration du vison d’Europe, mis en œuvre entre 2007 et 2011.

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